ASSOCIATION DES VICTIMES DU CREDIT MUTUEL
A.V.C.M. le site des Victimes du Crédit Mutuel

 



Journaliste en retraite, Guy-Joseph Le Hézo au travers d'une lettre ouverte adressée au Président de l'empire financier, fustige avec humour un système
dont l'AVCM vous annonce la fin prochaine.

Ne manquez de vous rendre sur ce blog savoureux !

Avec l'aimable autorisation de l'auteur.


A MONSIEUR LE PRESIDENT DU CREDIT MUTUEL

 
Chronique des jours ordinaires

 « Arrêtez de nous prendre pour des sociétaires » ! (Histoire vécue)

 

par Guy-Joseph Le Hézo.       http://blogs.aol.fr/guyjosephlehezo/Lambda

 
 
Mutualistes qu’ils avaient dit !  A l’époque (c’était il y a près de trente-cinq ans), cela voulait dire « différents », au service des « sociétaires » (et oui c’est comme cela qu’ils nous appellent, nous, les clients… « les sociétaires » !) Mutualistes, cela avait un sens, comme on dit coopérative ouvrière, autogestion, acquis sociaux, front popu, Solidarnosc et fraternité… enfin un sens à gauche, je veux dire, vers le progrès social (termes antinomiques dans un système capitalo-amerloquin qui fait du salariat une simple valeur d’ajustement)  Mutualistes qu’ils ont été au début, sans doute. Solidaires. Fraternels, mais oui. Sans doute, sans doute. Au début.

Une petite banque de quartier dans une banlieue défavorisée. J’y fus accueilli il y a trente-cinq ans lorsque je reçus mon premier salaire. Mon chef de bureau en était sociétaire. Il faisait du racolage pour la banque mutualiste. Quand il disait sociétaire, il avait les bajoues qui gonflaient comme s’il avait été le patron  d’icelle (banque). Cela s’appelait Caisse avant, celle qui reçoit et entretient ton blé ; c’est devenu Crédit après : celui qui te prête « aux taux du marché » ton propre argent… Tu vois déjà la différence, cher sociétaire ? Mon chef le sociétaire semblait y croire plus que moi « Tu verras tu s’ras bien à la C…T’as ton mot à dire » Rien à dire en effet : j'y fus bien jusqu’au moment où j’ai eu besoin d’eux. C’est là où j’ai vu la duplicité du système, la rapacité de certains éminemment  plus sociétaires que moi et surtout leur non-exemplarité.

L’âge aidant, j’ai constitué un petit pécule qui m’a permis d’acheter un bien en Bretagne. Une petite maison pour la quille. J’ai eu besoin de X millions de francs anciens (une peccadille) En remplissant les papiers y afférents j’ai eu l’honnêteté (on va dire la connerie) de cocher la case : prenez-vous des médicaments contre l’hypertension. Oui comme des millions de personnes qui ont eu des boulots stressants. Sans plus. Et tout à coup patatras tout le système s’est écroulé comme un château de cartes. Une commission « médicale ad hoc » siégeant de plein droit dans la bonne ville de Strasbourg m’a filé une surtaxe  faisant de mon taux le plus fort du marché !

Même Le Lyonnais et ses arnaques faisaient mieux ! Bravo les sociétaires. Bravo les valeureux mutualistes. Bravo les bandidos de gran camine ! Ha elles étaient belles les promesses faites à l’ouverture du compte, à l’aube  de ma vie professionnelle. Tout s’est joué au fax et au téléphone d’un hôtel breton. J’ai essayé de dénouer le fil de cet imbroglio. Avec des fax assassins les traitant de tous les noms ! J’ai réussi sur le fil à faire descendre le taux d’un point. Une ristourne comme un jette un croûton à un galeux affamé avec une perche de deux mètres pour ne pas se salir les mains. Et alors je me suis promis d’abord : 1er  De rester dans le système pour mieux le dénoncer ; 2e  de les enquiquiner jusqu’à la gauche ; 3e d’aller diversifier mes avoirs ailleurs. 

J’ai écrit une lettre de deux pages au grand gourou strasbourgeois qu’il doit encore avoir en mémoire. Elle était cinglante sur le caractère non-mutualiste de « sa » banque. J’y avais des accents de tribun. Robespierre était mon cousin.  Et je promettais de porter l’affaire sur la place publique. Le grand gourou a dû avoir les foies et m’a répondu : et-bla-et-bla ! Cette lettre-là est allée au panier direct. Dommage : c’était un beau morceau de valse de Vienne et de tromperie sur la marchandise ! Strauss et entourloupe, mon cadet !

 J’attaquais surtout sur le fait que le mot mutualiste était « dévoyé ». Cela me faisait penser aux braves gogos qui ont cru pendant très longtemps que l’URSS était le paradis des hommes sur cette terre de misère ! Ces gens-là  – les Chefs soviétiques - sont deux fois plus coupables que les autres parce qu’ils ont trompé les gens ! Vous voyez l’image ????  Faux derches ! Et puis je leur ai joué un double tour à ma façon. Rentré chez moi, j’ai contacté un autre « pote banquier » (un vrai celui-là, payé pour faire des affaires !) qui m'a établi  un plan de reprise de mon crédit à un taux plancher… si bas que les murs noir et rouge de son honorable institution bancaire en ont tremblé. J’ai claqué ce dossier sur le bureau de mon chef de Caisse avec un : « Si tu t’alignes pas, je file !… » Il a couru à mes basques en criant comme un goret que je l’étranglais, qu’il ne pouvait pas, etc. « Tant pis pour toi !… » « Vous êtes mutualistes, vous devez être les meilleurs ! »

Le lendemain (on imagine bien les conciliabules  des sociétaires de la Caisse réunis dans l’urgence), on m’accordait à quelques centimes près ce que je demandais. On m’expliquait que c’était « là-haut » (chez le bon dieu, à Strasbourg) qu’ils prenaient des décisions aberrantes, qu’ils s’en foutaient, qu’ils… je buvais du petit lait !! Ha que bon dieu c’était bon, comme aurait dit notre Johnny ! « Mais vous n’en avez pas fini avec moi, j’ai dit ; chaque automne je reviendrai pour ma ristourne annuelle ! » Ça fait dix  ans que ça dure. C’est du reste devenu une ritournelle dans ma caisse : « Ha ! C’est pour la ristourne !… » Depuis j’ai compris que le mutualisme à la française, c’est du vent pour attirer les gogos.

J’ai fait la même chose avec mon assureur militant ou pas. Et je lui ai chanté une autre ritournelle… en allant sur un site internet qui s’appelle Assurland. Eux m’ont fourni des devis et Appelez-moi-le-directeur m’a accordé quelques centaines d’euros de ristournes ! Alors bonnes gens mutualisés jusqu’au trognon, mettez toutes ces bonnes âmes en conformité avec leurs paroles.  Rappelez-leur qu’ils ne sont pas là pour tondre le mérinos, vous en l’occurrence ! Qu’ils ne doivent pas faire de bénefs puisque ce sont des associations !!! Et puis tant pis si vous passez pour avoir l’âme  boutiquière par des esprits mesquins,  emmerdez-les jusqu’à obtenir ce qu’ils vous doivent ! Les bénefs s’il y en a devraient en effet être reversés aux sociétaires ! La mutualité est une belle, très belle idée, dévoyée au profit de quelques-uns. Si chaque sociétaire, vous, nous, s’employait à les mettre face à leurs promesses, l’autre autocrate là-haut sur son tas d’or arrêterait sans doute de nous prendre pour des « sociétaires » c’est-à-dire des moutons bons à tondre, des citoyens de seconde zone  !

 

* Un autre problème me heurte : celui de l’endettement qui permet à une banque, mutualiste ou pas, de piquer l’ensemble des biens à un couple endetté et de les revendre au quart de leurs valeurs ! Une honte dans notre système !

 

Retour